










La chevillette de maçon, qu’on appelle aussi patte à coulisse, est un petit outil de coffrage d’une redoutable efficacité. Elle se compose d’une broche en acier à pointe trempée, qu’on enfonce dans le mur, et d’un valet, une plaquette qui coulisse le long de la broche et vient plaquer la planche ou la règle contre la maçonnerie. Frappé au marteau, le valet se bloque et maintient l’ensemble le temps que le béton ou le mortier prenne.
Elle sert là où un serre-joint ne trouve pas de prise : un coffrage de linteau ou d’appui contre un mur existant, un coffrage de scellement, une rehausse de chaînage, une planche de rive sur un muret. Elle tient aussi une règle de maçon bien droite pour tirer un enduit ou dresser une arête de mur ou de pignon, et rend service à la pose de menuiseries ou au montage de cloisons.
Sur un mur plein, enfoncez la pointe directement au marteau ou à la massette, à proximité de l’endroit où la planche doit être tenue. Dans un béton très dur, un pré-perçage au perforateur, au diamètre de la broche, évite de tordre l’outil et prolonge sa durée de vie. Sur des blocs creux, plantez la broche dans un joint entre deux blocs plutôt que dans une alvéole, où elle ne trouverait aucune matière pour tenir.
Positionnez ensuite la planche, faites coulisser le valet jusqu’à ce qu’il la touche, puis frappez-le pour le bloquer. Sur un joint ou un support tendre, frappez sans excès : un coup trop fort peut arracher la broche ou décaler la règle. Au décoffrage, un coup sous le valet le libère, puis la broche se retire en la faisant tourner légèrement.
Avec une broche ronde, le valet tourne librement autour de l’axe et vient se placer dans n’importe quelle orientation sur la planche : c’est la plus souple à poser, notamment quand la broche n’est pas parfaitement en face de la pièce à tenir. Avec une broche octogonale, plus résistante, le valet s’oriente selon les faces de la broche et pivote moins au serrage : un choix rigide pour les coffrages chargés, à condition de bien placer la chevillette en face de la planche. Les deux se travaillent en acier dur, et leur pointe se réaffûte quand elle s’émousse.
Un coffrage tient rarement sur une seule chevillette : on en pose plusieurs, régulièrement espacées, pour que la planche ne flambe pas sous la poussée du béton. Pour les coffrages indépendants ou les pièces à serrer entre elles, le serre-joint de maçon reste le complément naturel.