










Avant le rouleau, et souvent à sa place sur les petites surfaces, il y a la brosse plate. Le peintre s’en sert pour charger et étaler la peinture sur une porte, une plinthe, un chambranle, un volet ou un panneau, partout où un rouleau serait trop large ou laisserait une texture indésirable. Elle sert aussi à reprendre une zone que le rouleau n’atteint pas : derrière un tuyau, au ras d’un bâti, le long d’un plafond. C’est enfin l’outil des retouches de fin de chantier, quand il ne reste qu’un éclat ou un raccord à reprendre.
Sa forme large et plate dépose une couche régulière sur toute sa largeur, à condition d’être bien choisie. Une brosse inadaptée à la peinture laisse des traces de passage, ce que les peintres appellent le cordage, perd ses poils dans le film frais ou se déforme au bout de quelques heures.
Trois éléments distinguent une brosse de chantier d’une brosse jetable, et chacun a une conséquence directe sur le rendu :
L’épaisseur compte aussi. Une brosse de série mince charge moins de peinture mais dépose plus finement, ce qui convient aux boiseries et aux finitions soignées. Une brosse plus épaisse emporte davantage de matière et avance plus vite sur une surface moyenne. Pour la largeur, on choisit environ la largeur de l’élément à peindre : étroite pour un montant de porte ou une moulure plate, large pour un panneau ou un volet.
Les peintures en phase aqueuse dominent aujourd’hui les chantiers intérieurs. Elles sèchent vite et se travaillent mal avec une brosse en soies naturelles, qui boivent l’eau et perdent leur nervosité. Une brosse plate synthétique, spécialement pensée pour l’acrylique, garde sa forme, tire la peinture sans la marquer et se rince facilement à l’eau. Les brosses dites toutes peintures, à fibres techniques, couvrent à la fois l’acrylique et les glycéros, pratique quand on alterne les produits.
Pour les angles, les filets et les moulures, la brosse plate laisse la place à la brosse à rechampir, dont la touffe ronde ou biseautée trace des lignes nettes. Pour les lasures, saturateurs et produits de traitement du bois, une brosse spéciale traitement du bois fait mieux pénétrer le produit dans les fibres.
Côté entretien, rincez la brosse dès la fin du travail, à l’eau pour l’acrylique, au white-spirit pour la glycéro, en insistant au pied des fibres, près de la virole, là où la peinture sèche en premier. Égouttez-la, reformez la touffe à la main et laissez-la sécher suspendue ou à plat : une brosse posée sur ses fibres encore humides se déforme définitivement.
